Les plaques garage W, les plaques provisoires WW et les plaques export WW20, WW1 et WW2, par Pierre et le Docteur Danche Consultons un instant ce document, qui appartient à Pierre.
Le document a été offert en 1955 par le "banville", qui eut les honneurs de nuancierds.
Et il aborde rapidement la question des plaques W et WW. Il était grand temps pour Pierre et le Dr Danche d'éclaircir tout cela.
1 - Les plaques garage en W Ces plaques servent à immatriculer un véhicule détenu par un constructeur ou un vendeur automobile. Chaque usine automobile, chaque garage peut ainsi posséder un ou plusieurs numéros W. Le droit à utiliser une immatriculation particulière en W est renouvelable chaque année (moyennant une somme modique), avec possibilité de conserver le même numéro d'une année à l'autre. Il est bien sûr formellement interdit de poser la même plaque W sur plusieurs véhicules en circulation en même temps. Dans la période DS qui nous intéresse, donc à partir de 1955, l'immatriculation normale en France se faisait dans le système FNI (entre 1 et 4 chiffres, puis des lettres dont le nombre augmente avec la vie du système, puis les deux chiffres du département, entre 01 et 90) qui a été introduit au 01/04/1950 (1 A 75 pour Paris, etc) et remplacé en Avril 2009 par le système SIV qui est national. Mais, en 1955, les plaques garage en W, elles, ne suivaient pas encore cette logique d'un rattachement au département, elles étaient restées dans un système plus ancien (datant de 1901) avec de grandes zones appelées "arrondissements minéralogiques" dont la liste est donnée sur ce lien externe. Donc, sur cette période, l'usine Citroën étant à Paris,
elle a des plaques garage en W0 ou W1. Par la suite, un nouveau système démarre le
01/01/1959: à compter de cette date, les plaques
W sont suivies, non pas des arrondissements minéralogiques,
mais des deux chiffres du département (son numéro de
01 à 90). Cette évolution en Janvier 59 permet en fait d'abandonner un système à deux niveaux dont on devine le fonctionnement en examinant le registre W WW qui a été mis en ligne par les archives du Var (cote 792 W 82).
Dans ce registre, on voit des petits garagistes,
ou de plus gros établissements du Var, renouveler "leur" numéro
W, d'année en année:
Baldo garde le 2476 W13, Blanc garde le 1977 W13, Autovar garde de
1665 à 1672
W13.. etc.
Tout cela mérite d'être illustré en photos.
Illustrations de plaques garage W illustrations de la première période jusqu'au 01/01/1959: arrondissements minéralogiques Voici un exemple issu du fonds
Brilhault.
Voici une des plaques garage de l'usine de Javel en 1955, 2119 W0, vue sur un des tout premiers prototypes de la DS. une autre de ces plaques usine, 2061 W0
Que l'on voit ici ...ré-utilisée sur un autre modèle (non simultanément) Une ID reprenant un numéro dans les séries qui avaient été utilisées pour la DS
Et une ID dans une toute autre série de numéros W0 affectés à l'usine
1958: 2802 W13, vue dans le Sud, au sein d'un shooting complet documenté ici. Et le 13 n'est pas ici le département des Bouches du Rhône,
comme on aurait pu le penser, mais l'arrondissement minéralogique
de Marseille!
1958: De Gaulle est ici à Constantine, et la plaque garage est celle de l'arrondissement minéralogique 16, celui de l'Algerie, comme on l'a vu dans le tableau donné ci-dessus. illustrations de la deuxième période à partir de 01/01/1959: départements FNI Au 01/01/1959 on a changé de système, la plaque garage est devenue W 75, et, avec un peu de bonne volonté, on voit ici une ID en 2121 W 75 dans l'enceinte de l'usine de Javel.
Ici des vues d'une DS rouge Esterel à l'été 59, 2180 W 75, là encore avec un peu de bonne volonté.
Ici un break dans les tout premiers, donc fin 1959, vu en plaques
garage du 25 (cliché pris au Château de la Juive, à Chalezeule) Toujours 1959, retour en Mayenne avec cette photo d'une plaque en 23 W 53 issue du fonds Brilhault
une DS de la même période en plaques garage du 62.
ici une berline 1963 avec une plaque de l'usine
Ici la même plaque (on reconnaît l'écriture!), mais posée sur un break!
Une plaque garage retrouvée sur une DS des années 70
Et les essais à l'usine: test de l'antigite:
test de la super DS à ailes élargies (qui deviendra la
SM).
Signalons le cas du proto ELV 31 du conservatoire qui date de 1955 mais porte actuellement une plaque 2133 W 75; donc deuxième système. C'est très probablement une ré-immatriculation après 1959, il se dit que la voiture a été utilisée tardivement par un des cadres de la Ferté Vidame en dehors du site. On peut peut-être se dire que le numéro originel était 2133 W0 mais rien ne permet de l'affirmer.
2- Les plaques provisoires en WW Ces plaques étaient vendues par carnet de 10 aux garages, attribuables pour 10 ou 15 jours à un véhicule en attente d'immatriculation, et non ré-affectables à un autre véhicule du garage. De même que pour les plaques garages en W, au 01/01/1959 on passe des arrondissements minéralogiques aux départements, et on passe donc de WW0 à WW 75 (sur l'exemple d'un garage à Paris)
Et voici des exemples de plaques provisoires en WW:
illustrations de la première période jusqu'au 01/01/1959: arrondissements minéralogiques Je n'ai hélas pas de document ou d'exemple d'illustration du système de fin 1955 à décembre 1958 qui montrerait une DS en plaques WW0 pour le cas le plus classique (le client venant chercher sa voiture à Javel pour l'emmener chez lui). Ça doit pourtant bien exister, les clients devaient être fiers de photographier leur DS en plaques provisoires...
illustrations de la seconde période après 01/01/1959: départements FNI Voici un remarquable document de 1960, l'immatriculation provisoire 32 W 75 de Cristine, pour l'emmener de Javel chez son acheteur à Bourgoin (38). Le délai de validité est ici de 7 jours.
Et un document de 1972 avec la plaque WW 53 de Mayenne, issu du magnifique cas de figure de la "DS du patron" dont nous avions lu l'histoire sur ce lien. Je note, sans l'expliquer, que cette fois et contrairement au cas précédent, c'est le département d'arrivée, et non de départ, qui a fourni le certificat. Et le délai de validité a été porté à 15 jours.
et voici les plaques retrouvées sur la voiture.
Et enfin le cas de figure d'une DS Parisienne, avec beaucoup de ventes automobiles dans la Seine et donc une nécessité de lettres supplémentaires après le WW: ici en Juin 74 on en est à 8414 WWE 75.
3- les plaques WW20, WW1 (sortie temporaire du territoire)
et WW2 (sortie définitive du territoire). Dans la période DS (1955-1975), il y a: -une première période entre le 22/09/1950 et le
01/01/1959:
on est dans la période des arrondissements minéralogiques,
et un numéro minéralogique
spécifique
est dédié l'export, c'est le numéro 20. Donc pour un export depuis Paris, ça nous donne WW20 suivi d'un 0: WW200. Avec cette table complète, sur l'exemple de 1955:
Vous noterez que le zéro de W20 est est retiré si le numéro d'arrondissement dépasse 10, cela afin d'éviter d'aboutir à des numéros de type WW2010 WW2011 etc... Pour les numéros de province et afrique du Nord, il y a des finesses supplémentaires selon l'année, tout cela est détaillé sur ce site externe: Les Plaques Provisoires WW Le cas le plus classique (export à partir de l'usine à Paris, WW200) est illustré par la 1ere DS exportée aux USA, qui avait été présentée ici, et qui est immatriculée "1650 WW200".
-une seconde période démarrant en Janvier 1959: les arrondissements minéralogiques sont abandonnés à la fois pour W et WW, et on passe aux départements. Pour les plaques de sortie de territoire, on bascule dans un système avec deux séries de plaques: WW1: pour une sortie temporaire du territoire. WW2: pour une sortie définitive du territoire. Et à chaque fois on fera suivre du numéro du département. Un cas est bien connu des fidèles lecteurs de nuancierds, celui de la DS 1966 de Holmes Halma, en 6102 WW 275 et qui rentre parfaitement dans ce cas (les deux derniers chiffres, 75, étant le département émetteur de la plaque).
N'hésitez pas à me transmettre des photos si vous avez des illustrations supplémentaires de tous ces cas!
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